Une pluie torrentielle accompagnée de vents violents et de fortes décharges électriques s’est abattue sur une grande partie du territoire de Fizi, au Sud-Kivu, ce mercredi le 18 février 2026, causant d’importants dégâts matériels et semant la panique au sein de la population. Aucun décès n’a été signalé, mais l’épisode relance avec insistance la question de la vulnérabilité des infrastructures face aux aléas climatiques de plus en plus intenses.
Le bâtiment administratif du territoire a été particulièrement touché. Une grande partie de la toiture a été arrachée sous la force des rafales. Selon des témoins, la tempête a surpris autorités locales et représentants d’organisations en pleine séance de travail.
« Les détonations étaient si fortes qu’on aurait cru à des explosions. Le vent a soulevé une partie de la toiture du bâtiment administratif », rapporte Francine Ntumba, animatrice au sein de l’asbl Célébrons le Courage de la Femme, présente sur les lieux au moment des faits.
Des dégâts matériels préoccupants
Outre les tôles arrachées et les structures fragilisées du bureau administratif, plusieurs habitations dans différents quartiers auraient été endommagées. Des arbres déracinés et des infrastructures légères détruites ont également été signalés. Si le bilan humain reste nul, les pertes matérielles sont importantes et mettent en évidence la fragilité des constructions locales face aux intempéries.
Cet épisode météorologique n’est pas isolé. Dans la province du Sud-Kivu, notamment à Bukavu, les fortes pluies provoquent régulièrement des érosions, des glissements de terrain et des inondations, particulièrement dans les zones à forte pente ou mal aménagées.

L’urbanisation rapide, la déforestation, l’obstruction des caniveaux et l’absence de systèmes adéquats d’évacuation des eaux aggravent considérablement ces phénomènes. La multiplication des événements climatiques extrêmes constitue aujourd’hui un véritable signal d’alerte pour les autorités locales et nationales.
Des mesures urgentes pour renforcer la résilience
Face à cette situation, des actions concrètes s’imposent notamment le renforcement des infrastructures publiques en réhabilitant des bâtiments administratifs selon les normes climatiques et l’installation de paratonnerres modernes
« Promouvoir des programmes communautaires de reboisement afin de stabiliser les sols, surtout dans les zones à forte pente.Améliorer les systèmes de drainage, en curant régulièrement les caniveaux et en modernisant les dispositifs d’évacuation des eaux pluviales », signale Francine Ntumba.
Selon elle, la mise en place des mécanismes d’alerte précoce, avec des systèmes communautaires d’information météorologique et une meilleure coordination entre autorités techniques, serait primordiale
Pour François Byaombe, environnementaliste basé à Baraka, la sensibilisation des communautés aux comportements à adopter en cas d’orage violent doit devenir une priorité.
De son côté, Sifa Anges, experte en planification rurale, plaide pour l’interdiction de construire dans les zones à haut risque et pour la cartographie des espaces exposés aux glissements et inondations.
Un appel à l’action collective
cet incident ne doit pas être perçue comme un simple fait divers climatique, mais comme un avertissement. La protection des vies humaines et des biens passe par une planification urbaine responsable, une gestion durable de l’environnement et une mobilisation collective.
Sans une action rapide et coordonnée, ces phénomènes risquent de se répéter avec des conséquences potentiellement plus graves. L’heure est désormais à la prévention et à l’engagement concret pour bâtir des territoires plus résilients face aux changements climatiques.
Maguy Bapolisi
