Au cours de ce mois de mai 2026, le choléra plonge des centaines de familles dans l’angoisse à Minova. Derrière cette nouvelle flambée épidémique se cache une réalité alarmante, le manque criant d’eau potable et l’insuffisance des infrastructures sanitaires. Dans plusieurs quartiers, notamment sur l’avenue Budondo, plus de 14 000 habitants vivent dans des conditions précaires où l’accès à une eau saine relève désormais du privilège.
Face à cette urgence sanitaire, les autorités de santé lancent un véritable cri d’alarme. L’aire de santé de Minova, en première ligne contre l’épidémie, se retrouve pourtant limitée à des actions de prévention, faute de structures adaptées pour accueillir et traiter efficacement les malades.
« Sans une réponse durable, cette situation reviendra encore et encore », prévient Magadju Paulin, Infirmier Titulaire de l’aire de santé de Minova. Pour lui, l’absence d’investissements dans l’accès à l’eau potable et l’assainissement expose continuellement la population à de nouvelles contaminations.
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Des familles brisées par la maladie
Dans les centres de traitement, la détresse des parents est visible. Assise au chevet de ses enfants hospitalisés, Maria Masumbuko tente de garder espoir malgré la peur.
« Mes deux enfants sont ici au centre de traitement. Heureusement que les soins sont gratuits grâce aux organisations présentes. Sans cette aide, nous n’aurions jamais réussi à payer les soins », confie-t-elle,
Comme elle, de nombreuses familles dépendent aujourd’hui du soutien humanitaire pour sauver leurs proches. Une assistance vitale, mais qui reste insuffisante face à l’ampleur du problème.
Une crise qui menace de se répéter
Si la gratuité des soins permet de limiter les dégâts immédiats, les acteurs sanitaires rappellent qu’elle ne constitue qu’une solution temporaire. Le véritable combat se joue dans l’accès durable à l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène.
A Minova, tant que des milliers de ménages continueront à consommer une eau insalubre, le choléra restera une menace permanente. Les autorités sanitaires plaident pour une action urgente avant que cette crise ne prenne des proportions encore plus dramatiques.
Robert Hamuli
