Dans le cadre du projet « Promotion et consolidation de la paix à travers le relèvement socio-économique des femmes et filles victimes des VSBG », l’organisation Célébrons le Courage de la Femme (CCF) met en place des comités locaux de suivi et d’alerte précoce afin de lutter contre les violences basées sur le genre (VBG). Cette initiative repose sur une forte implication des femmes, qui représente au moins 50 % des membres. Elle est mise en œuvre dans les zones de santé de Nyangezi, Mubumbano et Fizi, avec pour objectif de renforcer la dynamique communautaire de prévention et de protection, du 17 au 18 février 2026
Cette action s’inscrit dans une approche globale visant à consolider les mécanismes de protection communautaire, promouvoir les droits humains et renforcer la cohésion sociale. Elle répond également à la nécessité d’améliorer les conditions socio-économiques des femmes et des filles survivantes de violences, en soutenant leurs moyens de subsistance et en favorisant leur participation active aux processus de paix et de sécurité.

Des systèmes d’alerte précoce adaptés aux réalités locales
Selon l’organisation CCF, l’objectif est de doter les leaders communautaires en particulier les femmes des compétences nécessaires pour jouer un rôle actif dans la protection des populations. Grâce à ces acquis, ils seront en mesure d’identifier les risques, de prévenir les violences et de promouvoir des normes favorables à la paix et à la dignité humaine.
« Au cœur de cette initiative, la mise en place de systèmes d’alerte précoce adaptés aux réalités locales constitue un levier stratégique. Les comités auront pour mission d’identifier les signes avant-coureurs des violences, d’alerter rapidement la communauté et de contribuer à des réponses appropriées ».
D’ajouter,
« En impliquant les chefs traditionnels, les leaders religieux, les organisations de femmes et les jeunes, cette approche favorise une responsabilité collective face à la prévention des violences ».
Des femmes au cœur des mécanismes d’alerte et de prévention
Témoignant de l’impact de cette initiative, Mapenzi Kashindi, Vice-présidente du comité d’alerte précoce de l’axe Fizi, remercie CCF pour cette action. Selon elle, les jeunes filles se sentent désormais plus en sécurité, car il existe un mécanisme permettant de signaler les risques de mariages précoces et d’autres formes de violences.

De son côté, Furaha Mahanga, relais communautaire dans la zone de santé de Mubumbano, souligne qu’auparavant, les interventions liées aux mariages précoces et aux violences se faisaient sans réelle coordination.
« Aujourd’hui, avec le comité, nous travaillons en équipe et chacun connaît son rôle. Grâce à cette activité, nous avons appris à identifier les signes d’alerte précoce et à orienter les survivantes vers des services appropriés », explique-t-elle.
La mise en œuvre de cette activité s’est déroulée en deux étapes clés. D’abord, l’identification de 45 membres issus des trois zones ciblées, en collaboration avec les autorités locales et les acteurs communautaires, garantissant ainsi une représentation équilibrée et inclusive. Ensuite, les membres sélectionnés ont participé à un processus électif pour la mise en place des comités de gestion, suivi de sessions de formation sur les indicateurs d’alerte précoce et les mécanismes de prévention des VBG.
À travers cette action, CCF contribue à bâtir des communautés plus vigilantes, solidaires et résilientes. En renforçant les capacités locales et en valorisant le leadership féminin, le projet ouvre la voie à une prévention durable des violences et à une consolidation effective de la paix dans les zones de Nyangezi, Mubumbano et Fizi, au Sud-Kivu.
Maguy Bapolisi
