Mars et droits des femmes : réalité dramatique dans l’Est de la RDC

En ce mois de mars, consacré aux droits des femmes, l’Est de la République Démocratique du Congo reste une région où les femmes vivent sous la menace constante des conflits armés. Alors que le monde célèbre la Journée Internationale des Droits des Femmes, ce 8 mars 2026, avec pour thème « Droits, Justice, Action, pour toutes les femmes et les filles », la réalité sur le terrain est dramatique. Violences sexuelles, déplacements forcés et souffrances quotidiennes transforment la vie des femmes et des filles en un combat permanent pour survivre.

Dans les provinces du Nord‑Kivu et du Sud‑Kivu, les conflits armés font des femmes des cibles quotidiennes dépuis janvier 2025. Les viols et les agressions sexuelles sont utilisés comme armes de guerre, brisant corps et esprit et laissant des traumatismes durables. Les jeunes filles subissent des mariages forcés ou sont exploitées sexuellement pour survivre, tandis que les familles sont dépouillées de leurs biens et de leurs moyens de subsistance.

Ces violences ne sont pas seulement physiques, elles détruisent l’équilibre psychologique et social des communautés. Le manque d’accès aux soins médicaux et psychologiques, la peur de dénoncer les auteurs et l’insécurité constante aggravent la souffrance des victimes.

La guerre provoque également des déplacements massifs. Des milliers de femmes et d’enfants se retrouvent dans des camps précaires, sans eau potable, nourriture ni protection. Dans ces conditions, les risques d’agressions, d’exploitation et de trafic augmentent encore. Les femmes deviennent les premières victimes de la misère et de l’instabilité.

Pour madame Anny Binja, actrice de paix dans la région des Grands Lacs, ce mois de mars ne doit pas être réduit à une simple commémoration. Il représente un véritable appel à l’action pour protéger les femmes et les filles dans un contexte où la guerre fragilise leur quotidien.

« Il est essentiel de mettre fin à toutes les formes de violences basées sur le genre, particulièrement celles provoquées par les conflits armés, qui laissent des séquelles durables sur les plans physique et psychologique », déclare-t-elle.

De son côté, Limba Nyakura, actrice de paix et coordinatrice de Karibu Jeunesse Nouvelle (KJN asbl), insiste sur la nécessité d’un accès garanti à la justice, aux soins médicaux et à la réparation des survivantes. Pour elle, il est indispensable que les femmes victimes de guerre puissent reconstruire leur vie et retrouver un minimum de sécurité et de dignité.

Il convient de signaler que, sur la période janvier–septembre 2025, les acteurs de réponse ont documenté 163 456 cas de violences basées sur le genre, dont 90 199 cas de violencessexuelles dans l’Est de la RDC (Nord et Sud‑Kivu confondus). Ces chiffres ne représentent qu’une partie de la réalité, car la collecte de données est difficile dans les zones de conflit.

Maguy Bapolisi

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