Depuis la recrudescence des conflits armés au Sud-Kivu en février 2015, les peuples autochtones Pygmées vivant à Kamanyola, dans le territoire de Walungu, et à Kalonge, dans le territoire de Kalehe, traversent une période difficile. L’insécurité a bouleversé leur quotidien, réduit leurs moyens de subsistance et compliqué l’accès aux besoins essentiels comme la nourriture, le logement et les soins de santé.
Contraints de quitter certains espaces de vie traditionnels, plusieurs membres de cette communauté peinent aujourd’hui à retrouver une stabilité économique et sociale. Les activités qui leur permettaient de subvenir aux besoins de leurs familles sont fortement perturbées par la situation sécuritaire.
La poterie ne permet plus de répondre aux besoins des familles à Kamanyola
Dans la cité de Kamanyola, les peuples autochtones Pygmées expliquent que leurs sources de revenus se sont considérablement réduites. Madame Anociata Agathe, leur Représentante, indique que la poterie, une activité essentielle pour plusieurs familles, n’est plus pratiquée comme auparavant à cause de l’insécurité.
Selon elle, cette situation expose de nombreuses familles à des difficultés quotidiennes.
Kalonge, une communauté en quête d’assistance
Dans le territoire de Kalehe, particulièrement à Kalonge, les conditions de vie restent préoccupantes. Les familles autochtones Pygmées rapportent des difficultés liées au manque de nourriture, à la précarité des logements et aux obstacles d’accès aux soins de santé.
Le représentant de cette communauté affirme qu’aucune assistance humanitaire importante ne leur a été accordée depuis le début de l’escalade des conflits, malgré leur vulnérabilité face aux conséquences des violences.
Face à cette situation, il sollicite un soutien urgent en vivres, en articles non alimentaires et un meilleur accès aux soins de santé primaires.
Des déplacements forcés qui fragilisent leur mode de vie
Pour Madame Espérance Nyota, Présidente de l’Union pour l’Émancipation des Femmes Autochtones (UEFA), La dégradation de la situation sécuritaire a poussé plusieurs familles autochtones Pygmées à quitter la forêt pour s’installer auprès d’autres communautés. Ce changement a entraîné la perte de certaines pratiques traditionnelles et renforcé leur dépendance à l’aide extérieure.
D’après elle, la réponse à cette crise nécessite avant tout le retour de la paix et un accompagnement adapté aux réalités de cette population.
« Les peuples autochtones font face à plusieurs défis, notamment la malnutrition, les violences sexuelles, les déplacements forcés, les discriminations et le manque d’assistance humanitaire ».
Elle plaide ainsi pour une aide d’urgence, mais aussi pour des solutions durables capables de renforcer leur autonomie économique et leur résilience.
Nyota demande aux autorités humanitaires à mieux intégrer leurs besoins spécifiques dans les programmes d’assistance et de consolidation de la paix au Sud-Kivu.
Maguy Bapolisi
