Dans un contexte marqué par l’insécurité et les déplacements massifs de populations au Sud-Kivu, les leaders communautaires et les organisations humanitaires sont appelés à renforcer les actions de protection des femmes et des jeunes filles affectées par la crise. C’est ce qu’a déclaré Monique Cirimwami, Coordinatrice de la Dynamique des Femmes Engages pour le Développement (DYFED), lors d’une interview, ce lundi 11 mai 2026.
Selon elle, les conséquences de la crise humanitaire continuent de peser lourdement sur les femmes dans plusieurs territoires de la province. Elle explique que de nombreuses femmes et jeunes filles font face à des discriminations, aux violences basées sur le genre, mais également à des difficultés d’accès aux soins de santé, à l’éducation et aux moyens de subsistance. Une situation qui fragilise davantage leur sécurité et leurs conditions de vie.
Pour faire respecter les droits des femmes durant cette période difficile, Monique Cirimwami estime que les leaders communautaires devraient multiplier les campagnes de sensibilisation afin de combattre les violences faites aux femmes et promouvoir le respect de leurs droits au sein des communautés.
« Les communautés doivent comprendre que les femmes ont des droits qui doivent être respectés même en période de crise. Les leaders locaux ont un rôle important dans la sensibilisation pour mettre fin aux violences faites aux femmes », a-t-elle déclaré.
Cette défenseuse des droits des femmes pense également que les ONG devraient intensifier les mécanismes de protection et d’accompagnement des survivantes des violences.
Elle recommande notamment le renforcement des activités génératrices de revenus en faveur des femmes affectées par la crise, l’organisation de formations professionnelles ainsi qu’un accompagnement psychosocial adapté.
« Les femmes touchées par la crise ont besoin d’un soutien économique, mais aussi d’un accompagnement pour reconstruire leur vie après les violences qu’elles subissent ».
Pour elle, les acteurs humanitaires devraient également développer des espaces sûrs pour les femmes et les jeunes filles afin d’assurer une prise en charge médicale et psychologique efficace des survivantes des violences basées sur le genre.
Maguy Bapolisi
