Paix dans l’Est : la jeunesse trace sa propre feuille de route

Les jeunes de Bukavu, Goma et Nyiragongo ont adopté, le 1er septembre 2026, un agenda national destiné à guider leurs actions en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la participation citoyenne. Elaboré dans le cadre du projet « Kizazi cha Amani », ce document est le fruit d’un processus participatif visant à faire entendre la voix de la jeunesse dans les efforts de consolidation de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Face aux défis sécuritaires et sociaux qui continuent de fragiliser les communautés de l’Est du pays, les jeunes ont choisi de s’organiser autour d’une vision commune. Réunis lors d’un atelier de validation organisé dans le cadre du projet « Kizazi cha Amani », ils ont adopté un agenda national qui servira de cadre d’orientation pour leurs initiatives et leurs actions de plaidoyer en faveur d’une paix durable.

L’élaboration de ce document a été précédée par une recherche-action participative menée auprès des jeunes de Bukavu, Goma et Nyiragongo. Cette démarche a permis de recueillir leurs perceptions, leurs préoccupations et leurs aspirations concernant la paix, la cohésion sociale et la participation citoyenne.

Selon Annie Binja, Coordinatrice du Forum inter réseaux des jeunes pour la paix à Bukavu, les résultats de cette recherche ont constitué la base des discussions ayant conduit à l’identification des priorités stratégiques.

« Les jeunes ont d’abord analysé les résultats de la recherche réalisée dans les trois entités avant de dégager ensemble les priorités qui répondent le mieux à leurs préoccupations. Cet agenda est donc le reflet de leurs aspirations et de leur vision pour la paix », explique-t-elle.

Des priorités définies par les jeunes eux-mêmes

Au terme des échanges, cinq axes prioritaires ont été retenus. Il s’agit du renforcement de la cohésion sociale, de la prévention des violences et des conflits, de la gouvernance et de la participation citoyenne des jeunes, de l’inclusion sociale ainsi que du numérique et des nouvelles technologies.

Pour les participants, ces domaines représentent des leviers essentiels pour favoriser la coexistence pacifique et renforcer l’engagement de la jeunesse dans le développement de leurs communautés. L’agenda définit ainsi une vision commune, des objectifs stratégiques et des messages de plaidoyer destinés à influencer les politiques et les initiatives en faveur de la paix.

La démarche se distingue également par le rôle central accordé aux jeunes tout au long du processus. De la collecte des données à la validation des priorités, ils ont participé activement à chaque étape, renforçant ainsi leur appropriation du document.

Une feuille de route pour l’action

Au-delà d’un simple document de référence, cet agenda se veut un outil d’action. Les jeunes sont appelés à poursuivre les initiatives déjà engagées dans leurs communautés et à développer de nouveaux projets répondant aux priorités identifiées. Certaines de ces initiatives pourront bénéficier d’un accompagnement dans le cadre du projet « Kizazi cha Amani ».

Le document met également un accent particulier sur l’inclusion. Les jeunes femmes, les personnes vivant avec handicap et les groupes marginalisés sont encouragés à participer pleinement aux initiatives de paix. Les réalités des jeunes vivant en milieu rural ont aussi été prises en compte afin que leurs préoccupations soient représentées au même titre que celles des jeunes des centres urbains.

A travers l’adoption de cet agenda national, les jeunes de Bukavu, Goma et Nyiragongo réaffirment leur volonté de devenir des acteurs du changement. Plus qu’une déclaration d’intention, ce document constitue une feuille de route qui traduit leur détermination à participer activement à la construction d’une société plus pacifique, inclusive et résiliente.

Maguy Bapolisi

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