Alors que le monde célèbre, ce 26 juillet 2026, la Journée Mondiale des Mangroves, le Parc Marin des Mangroves de Muanda, dans le Kongo-Central, fait face à de nombreuses menaces. Seule aire marine protégée de la RDC, cet écosystème essentiel à la biodiversité, à la protection du littoral et à la lutte contre les changements climatiques reste fragilisé par les pressions humaines.
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Un écosystème indispensable à la biodiversité et au climat
Créé en 1992 et inscrit sur la liste des sites Ramsar en 1996, le Parc Marin des Mangroves de Muanda s’étend sur plus de 76 000 hectares. Situé à l’embouchure du fleuve Congo, dans la province du Kongo-Central, il abrite un écosystème unique dominé par les forêts de palétuviers. Ces zones humides constituent un refuge pour une riche biodiversité, notamment plusieurs espèces de poissons, de crustacés, de tortues marines, de lamantins ainsi que des oiseaux migrateurs
Au-delà de leur richesse écologique, les mangroves jouent un rôle essentiel dans la protection des côtes contre l’érosion, la reproduction des ressources halieutiques et le stockage du carbone.
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Dans une publication à l’occasion de cette journée, l’organisation Mkaaji Mpya rappelle que « lorsqu’une mangrove disparaît, ce n’est pas seulement une forêt que l’on perd. C’est une protection naturelle contre l’érosion, un habitat essentiel et une source dont dépendent les communautés côtières pour leur survie ».
L’organisation souligne également que la restauration des mangroves constitue une solution efficace pour renforcer le stockage du carbone et lutter contre les changements climatiques, conformément aux travaux de Song et al. (2023).
Des menaces qui fragilisent le parc
Malgré son importance, le Parc marin des mangroves reste exposé à plusieurs pressions. La coupe des palétuviers, la pollution, la surexploitation des ressources naturelles et les effets des changements climatiques menacent progressivement cet écosystème.
Les enquêtes publiées en novembre 2025 par la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) et The Bureau of Investigative Journalism (TBIJ) ont attiré l’attention sur les multiples pressions qui s’exercent sur le Parc Marin des Mangroves de Muanda. Selon ces investigations, les activités économiques menées dans et autour de cette aire protégée fragilisent progressivement cet écosystème pourtant essentiel à la conservation de la biodiversité.
Les enquêteurs évoquent notamment des risques de pollution liés aux hydrocarbures, susceptibles d’affecter la qualité des eaux, les habitats naturels et les espèces qui dépendent des mangroves. Ils font également état d’atteintes à l’intégrité de certaines zones protégées, où des activités incompatibles avec les objectifs de conservation auraient été observées.
Face à ces défis, les acteurs de conservation appellent à une mobilisation collective. Les autorités sont invitées à renforcer la surveillance du parc et l’application des lois environnementales. Les entreprises, les partenaires techniques, les organisations de la société civile et les communautés locales sont également appelés à contribuer à la protection et à la restauration des mangroves.
Protéger les mangroves de Muanda, c’est préserver un patrimoine naturel unique, renforcer la résilience climatique et garantir les moyens de subsistance des populations côtières.
Maguy Bapolisi
