Bukavu: le jardin botanique médicinal de Karhale, une initiative pour valoriser la biodiversité locale

Face à la dépendance croissante aux médicaments importés et à l’utilisation massive des plantes médicinales sans contrôle scientifique, une nouvelle initiative voit le jour à Bukavu pour promouvoir une médecine traditionnelle standardisée et renforcer la protection de l’environnement.

Porté par l’organisation Green Shield Africa en collaboration avec le département de l’unité de recherche et d’expertise UREDDES de ISTM Bukavu, ce projet ambitieux de jardin botanique médicinal sera implanté sur la colline de Karhale.

La présentation officielle du projet est intervenue lors d’un atelier organisé vendredi 8 mai 2026 dans l’enceinte de l’ISTM/Bukavu. Cette rencontre a réuni des organisations locales œuvrant dans les domaines de la santé et de l’environnement, des membres de la société civile environnementale, des autorités académiques ainsi que des étudiants.

Une réponse à la dépendance aux médicaments importés

Selon les initiateurs, près de 80 % de la population recourt aux plantes médicinales pour se soigner, mais souvent sans standardisation ni vérification scientifique. Une situation qui expose les consommateurs à des risques sanitaires, alors que plusieurs médicaments importés sont parfois commercialisés sans contrôle rigoureux et par des personnes non qualifiées.

Pour Gamaliel Kitalebe, il est temps que les experts et organisations locales prennent les devants afin de promouvoir des solutions adaptées aux réalités de la communauté.

« Nous avons une population souffrante, dépendante des substances importées et confrontée aux difficultés d’accès aux soins. Ce projet est capital parce qu’il permettra de produire localement des substances contrôlées avec la rigueur de la science et à moindre coût », a-t-il déclaré.

Le projet prévoit la plantation d’au moins 100 espèces rares de la biodiversité du bassin du Congo dans ce jardin botanique de Karhale.

Un projet écologique et économique pour la communauté

Au-delà de la valorisation des plantes médicinales, l’initiative vise également la résilience écologique grâce à la phyto-ingénierie et à la stabilisation des sols dans une région fortement menacée par l’érosion et les glissements de terrain.

Les promoteurs estiment également que cette initiative contribuera à stimuler l’économie locale en développant une filière de produits botaniques certifiés et accessibles.

La première phase du projet devrait concerner 500 ménages, avec l’appui attendu des partenaires techniques et financiers. Les responsables du projet appellent par ailleurs les institutions étatiques et les partenaires au développement à soutenir cette initiative innovante.

Pour assurer le suivi de l’évolution du projet, des enquêtes socioéconomiques semestrielles seront réalisées sur le terrain auprès des ménages bénéficiaires.

Anne Marie Kwinja

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