Beni : « Protéger l’eau, c’est protéger nos familles », lance une femme ambassadrice de la paix

La pollution des cours d’eau prend une dimension préoccupante dans la ville de Beni, au Nord-Kivu. Face aux déchets qui s’accumulent dans certaines rivières, une femme ambassadrice de la paix a appelé ses consœurs, ce mercredi 19 août, à s’engager davantage dans la protection de l’eau et de l’environnement.

La question touche directement les ménages, où les femmes jouent un rôle important dans l’utilisation quotidienne de l’eau. Pour Bushagaluke Kasigwa Consolata, membre du Réseau des femmes ambassadrices de la paix et médiatrice des conflits, la préservation des cours d’eau doit ainsi être considérée comme une responsabilité collective, mais aussi comme un engagement particulier des femmes.

La pollution expose les populations riveraines à plusieurs conséquences liées à l’insalubrité. Les maladies diarrhéiques, le choléra et le paludisme figurent parmi les problèmes évoqués. Les enfants sont également exposés lorsqu’ils entrent en contact avec des eaux souillées.

« La femme est la protectrice de la vie, donc de toute la famille. Si l’eau est polluée, cela amène beaucoup de conséquences dans la famille. La protection de l’eau, c’est une des obligations de l’être humain », souligne Bushagaluke Kasigwa Consolata.

La situation concerne notamment plusieurs cours d’eau qui traversent différents quartiers de Beni, parmi lesquels les rivières Biautu, Tuha, Kilokwa, Mabakou et Munyabelu. Le déversement des déchets dans ces cours d’eau ne concerne donc pas seulement les endroits où ils sont produits, mais peut affecter les communautés situées en aval.

Pour cette femme engagée dans la promotion de la paix, les femmes et les jeunes peuvent contribuer à inverser cette tendance en sensibilisant leurs communautés et en encourageant de meilleures pratiques de gestion des déchets.

Elle estime également que la protection des rivières doit dépasser les initiatives individuelles. Les autorités sont appelées à mettre à la disposition de la population des poubelles publiques pour réduire le recours aux cours d’eau comme lieux de déversement des immondices.

Les entreprises utilisant d’importantes quantités d’eau sont, elles aussi, invitées à traiter convenablement leurs eaux usées avant leur rejet dans la nature et à respecter les normes environnementales.

« Le rôle des femmes et des jeunes, c’est de sensibiliser la communauté sur la non-salubrité, sur le fait de ne pas jeter des ordures dans l’eau, les rivières et les ruisseaux qui sont autour de nous, parce que ça a beaucoup de conséquences », insiste-t-elle.

Pour Bushagaluke Kasigwa Consolata, l’engagement des femmes dans la protection de l’eau participe ainsi à la préservation de la santé des familles. Elle appelle à une prise de conscience collective afin que les générations futures puissent également bénéficier de cours d’eau moins exposés à la pollution.

Gloire Tsongo

About The Author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *