La tricherie en milieu scolaire continue de miner la qualité de l’éducation dans plusieurs établissements du territoire de Beni, au Nord-Kivu. Cette pratique frauduleuse, aux conséquences parfois irréversibles, était au cœur d’un nouveau numéro de l’émission « Le Potentiel des Apprenants en Milieu Éducatif », organisé le lundi 15 décembre 2025 au Complexe scolaire Emmanuela Panetti, une école privée agréée située dans la cité de Mutwanga, chef-lieu du secteur de Rwenzori.
Au cours de cette émission-débat éducative, élèves et encadreurs ont échangé sans détour sur les conséquences de la tricherie à l’école et les moyens d’y mettre fin. Plusieurs apprenants ont reconnu, avec franchise, recourir à cette pratique pour réussir les évaluations scolaires.
Des formes variées de tricherie révélées
Les élèves ont détaillé différentes méthodes utilisées pour tromper la vigilance lors des examens. Parmi les plus courantes figurent le copiage du travail d’autrui, la collaboration illicite, l’achat de questionnaires auprès de certains enseignants véreux, ainsi que l’utilisation de supports non autorisés, communément appelés « bombes ». Ces antisèches sont parfois dissimulées sur les pupitres, des bouts de papier, ou même sur le corps, notamment sur les cuisses pour certaines élèves.
Les causes d’un mal profond
Les participants ont identifié plusieurs facteurs poussant les élèves à tricher : la peur de l’échec scolaire, le désintérêt pour les cours, le manque de confiance en soi, l’insuffisance du temps consacré aux études, les absences répétées et la distraction pendant les heures de cours.
Les apprenants ont également pointé du doigt l’incompétence de certains enseignants, accusés de mal expliquer leurs leçons, voire de vendre des compositions d’interrogation ou d’examen. Ils ont aussi dénoncé une pratique risquée consistant, pour certains encadreurs absents, à confier des cahiers contenant des résumés qui incluent parfois, par négligence, des questionnaires d’évaluation.
Des conséquences lourdes à court et à long terme
Selon les échanges, réussir par la tricherie entraîne un affaiblissement de l’intelligence, une formation fragile, l’annulation des épreuves en cas de flagrant délit, le risque d’échec scolaire et une perte de confiance en soi.
À long terme, cette pratique compromet sérieusement l’avenir professionnel des apprenants, faute de compétences réelles exigées par le marché de l’emploi, notamment dans le secteur privé.
Des pistes de solutions proposées
Conscients du danger, les participants ont formulé plusieurs recommandations.
Aux élèves, il a été conseillé d’éviter les distractions et les absences inutiles, de réviser régulièrement leurs leçons, de cultiver la confiance en soi et de compter sur leurs propres efforts.
Aux enseignants, l’émission recommande de bannir la vente des questionnaires, de renforcer la surveillance lors des épreuves, de mieux expliquer les cours et de vérifier rigoureusement les cahiers remis aux élèves en cas d’absence afin d’éviter toute fuite involontaire des compositions.
Enfin, les parents sont appelés à assurer une scolarisation effective de leurs enfants, à les encourager moralement et à leur accorder le temps nécessaire pour étudier dans de bonnes conditions.
À Mutwanga, le message est clair, « l’éducation de qualité passe par l’intégrité, l’effort personnel et la responsabilité collective ».
Aphanie Bawili depuis Beni
