Nicole Menemene: une écologiste hors pair engagée dans l’économie circulaire.

Dans un contexte mondial marqué par la crise environnementale et la prolifération des déchets plastiques, certaines femmes congolaises se distinguent par leur détermination à agir pour la planète. Parmi elles, Nicole Menemene,écologiste engagée et entrepreneure sociale, s’impose comme un modèle d’innovation verte à travers son entreprise PLASTYCOR, spécialisée dans le recyclage et la valorisation des déchets plastiques.

Une vision née de la passion pour l’environnement

Épouse et mère, Nicole Menemene est diplômée en Économie rurale de l’Université Catholique de Bukavu (promotion 2017). Son parcours académique s’est enrichi par plusieurs formations en innovation sociale et entrepreneuriat, notamment en Ouganda entre 2016 et 2018.
C’est au cours de ces expériences qu’est née sa conviction : transformer la menace des déchets plastiques en une opportunité économique et écologique.

« En voyant nos cours d’eau envahis par les plastiques et nos caniveaux bouchés, j’ai compris qu’il fallait agir. C’est ainsi qu’est née l’idée de créer une entreprise écologiste », confie Nicole Menemene.

Plasticor, une entreprise au service de l’économie circulaire

Fondée officiellement en 2020, Plasticor collecte et transforme les déchets plastiques récupérés sur les rives du lac Kivu et dans les décharges de Bukavu. Ces déchets sont recyclés en produits utiles : poubelles, pots de fleurs, tabourets, paniers et tables destinés aux ménages, écoles, entreprises et ONG partenaires.

« Notre mission est de redonner une seconde vie aux plastiques tout en protégeant l’environnement et en créant de l’emploi local », explique-t-elle.

Des réalisations concrètes et un impact mesurable

Depuis sa création, Plasticor a valorisé plus de 500 000 articles issus de déchets plastiques et collecté plus de 30 tonnes de plastiques vendus à des partenaires écologiques. L’entreprise à également évacué plus de 50 tonnes de déchets ménagers à Bukavu et formé plus de 1 200 personnes à travers la RDC et cela en présentiel et en ligne sur les techniques de recyclage et de gestion durable des déchets.

Parmi ses innovations majeures, la construction d’une maison en plastiques recyclés à Katana (à 43 km de Bukavu) témoigne du potentiel du recyclage comme solution d’habitat durable. L’expérience Plasticor s’exporte déjà : des femmes formées en RDC partagent désormais leur savoir-faire en Ouganda et au Bénin.

Un engagement féminin fort

Nicole Menemene travaille avec plus de 50 femmes issues de milieux modestes, qu’elle forme à la valorisation des plastiques afin d’en faire une source de revenus. Cette approche inclusive fait de Plasticor un vecteur d’autonomisation économique féminine, en lien direct avec les Objectifs de Développement Durable.

Reconnaissance et partenariats institutionnels

Grâce à ses actions, Plasticor bénéficie d’une reconnaissance officielle de la Mairie de Bukavu. L’entreprise dépose chaque année un rapport d’activités et collabore avec les services d’hygiène et d’assainissement. Un partenariat de travail est également en cours avec la commune à Kinshasa, qui met à disposition un espace de production. Par son dévouement et engagement, Plasticor est aujourd’hui reconnue comme une référence nationale en matière d’écologie et d’entrepreneuriat vert.

Défis et perspectives

Malgré ses succès, l’entreprise fait face à des défis majeurs : manque de moyens financiers, insuffisance d’équipements industriels et faible sensibilisation de la population.

« Nous faisons beaucoup avec peu, mais l’État congolais devrait davantage investir dans la gestion des déchets. La population aussi doit s’impliquer, car la santé publique en dépend », souligne Nicole.

Pour 2026, Plasticor prévoit d’intensifier ses programmes d’éducation environnementale dans les écoles, ONG et entreprises, afin de renforcer la conscience écologique à tous les niveaux.

Un message fort pour l’avenir

« Que chacun prenne ses responsabilités ! La gestion des déchets ne doit plus être négligée. Les autorités doivent intégrer cette question dans toutes les politiques publiques, car elle touche directement à la santé et au développement durable », recommande Nicole Menemene.

Il sied de signaler que cet article est produit dans le cadre de la promotion des femmes engagées dans la protection de l’environnement.

Maguy Bapolisi

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