A l’occasion de la Journée mondiale de la poésie, célébrée chaque 21 mars, la poésie s’affirme à Beni, dans la province du Nord-Kivu, comme un puissant outil d’expression artistique et sociale. Bien plus qu’un simple art littéraire, elle devient pour de nombreux jeunes un moyen de faire entendre leur voix, de dénoncer les injustices et de promouvoir la paix dans une région marquée par l’insécurité grandissante.
Dans les villes de Beni et de Butembo, cet art connaît un essor remarquable, notamment à travers le slam, une forme moderne de poésie orale alliant rythme, musicalité et performance scénique. De plus en plus de jeunes s’approprient cette discipline pour exprimer leurs réalités et leurs aspirations.
Poétesse et slameuse originaire de Butembo, actuellement basée à Beni, Josiana Kahehero explique la différence entre ces deux formes d’expression.
« La poésie se déclame, tandis que le slam est plus rythmé, souvent accompagné d’un instrumental. Mais dans les deux cas, l’essentiel reste le message. Avec ou sans musique, l’objectif est de transmettre une idée et de toucher le public », a-t-elle fait savoir.
A travers ses textes, elle fait de son art un véritable outil de sensibilisation. Inspirée par son environnement social, Josiana Kahehero dénonce les antivaleurs et milite pour la paix, en mettant en lumière des réalités souvent passées sous silence.
Pour elle, pour elle, la poésie est la voix da sans voix car elle dénonce les injustices et sensibilise pour une prise de conscience capable d’amener au changement
Les artistes locaux font face à plusieurs défis, notamment le manque de soutien familial et institutionnel, qui freine leur évolution.
En dépit de ces obstacles, la détermination des jeunes artistes reste intacte. Pour Josiana Kahehero, la poésie et le slam constituent de véritables tremplins pour s’exprimer, évoluer et contribuer positivement à la société. Elle encourage ainsi les jeunes à s’y intéresser et à utiliser leur talent pour impacter leur communauté.
En cette Journée mondiale de la poésie, les jeunes du Nord-Kivu rappellent, à travers leurs mots, que la poésie et le slam peuvent être de puissants instruments de résilience, de dialogue et d’espoir.
Gloire Tsongo
