A la prison centrale de Bunia, en province de l’Ituri, les conditions de détention des femmes incarcérées connaissent une amélioration progressive, fruit des efforts conjugués du gouvernement congolais, de la MONUSCO et de plusieurs partenaires humanitaires. Ces progrès, observés ces derniers mois et confirmés le 9 janvier 2026, marquent une étape importante dans la prise en compte des besoins spécifiques des femmes privées de liberté.
Longtemps confrontées à des conditions précaires dans un environnement carcéral surpeuplé, les femmes détenues disposent désormais d’un quartier spécialement aménagé à leur intention. Cette maison d’arrêt, qui héberge actuellement 2 172 détenus pour une capacité théorique de 500 places, a ainsi vu la mise en place d’infrastructures adaptées permettant aux détenues de bénéficier de lits et de couvertures, améliorant sensiblement leurs conditions de vie et leur dignité.
Les améliorations sont également visibles sur le plan sanitaire. Selon le docteur Willy Mutro, responsable de l’infirmerie de la prison centrale de Bunia, la situation s’est nettement améliorée au fil des années.
« Il y a deux ans, nous enregistrions environ trente décès par mois. Aujourd’hui, nous sommes descendus à un seul cas de mort naturelle par mois », explique-t-il.
Il précise que le nombre de consultations médicales quotidiennes a également diminué, passant d’une cinquantaine à une quinzaine, signe d’une amélioration générale de l’état de santé des détenues et des détenus.
Ces résultats sont le fruit d’interventions ciblées dans les domaines de la santé, de l’accès à l’eau potable, de l’hygiène et de l’assainissement. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a renforcé l’approvisionnement en eau potable, contribuant à une meilleure hygiène et à la réduction des maladies dermatologiques, qui affectaient particulièrement les femmes. La MONUSCO, pour sa part, a fourni des médicaments, mis à disposition une ambulance et soutenu la construction de plusieurs infrastructures, dont le quartier réservé aux détenues.
Le Colonel Camille Nzonzi, Directeur de la prison centrale de Bunia, salue ces avancées, tout en insistant sur leur impact direct pour les femmes incarcérées.
« La construction d’un quartier pour détenues femmes a permis de garantir un minimum de dignité. Aujourd’hui, chaque femme détenue dispose d’un lit et d’une couverture, ce qui n’était pas le cas auparavant », souligne-t-il.
Au-delà des conditions de vie, l’accès à la justice des femmes détenues s’est également amélioré grâce à la construction d’une salle d’audiences pour les audiences foraines, facilitant le traitement de leurs dossiers judiciaires. Par ailleurs, la sécurisation de la prison à travers la construction de murs de clôture et l’installation de caméras de surveillance a permis de réduire considérablement les évasions.
Malgré ces progrès, de nombreux défis persistent, notamment la surpopulation carcérale, avec un taux d’occupation avoisinant les 400 %, ainsi que l’insuffisance alimentaire. Toutefois, les actions entreprises ont déjà permis de sauver des vies et d’améliorer de manière significative les conditions de détention des femmes à la prison centrale de Bunia, ouvrant la voie à une prise en charge plus humaine et plus digne.
Gloire Tsongo
