Au total, 30 journalistes membres de Habari za Mahali, venus de Bukavu, Kabare et Nyangezi, prennent part ce jeudi 21 mai 2026 à Bukavu, à un atelier de formation consacré aux principes directeurs des médias en situation de crises humanitaires. Organisée à l’hôtel Bulungu, cette rencontre vise à renforcer leurs compétences dans la protection des victimes et la gestion des fausses informations afin de promouvoir une couverture médiatique plus responsable et éthique.
Cette initiative est organisée par le Réseau des Radios et Télévisions Communautaires du Sud-Kivu (RATECO) et le Réseau des Médias en Ligne des Grands Lacs (REMEL-GL), avec l’appui financier de La Benevolencija.
Les échanges ont porté sur plusieurs thématiques majeures, notamment la protection des victimes lors de la couverture des violences et traumatismes, l’éthique journalistique dans la conduite des interviews, la collecte des témoignages ainsi que la production de contenus écrits, audio, photographiques et audiovisuels. Les participants sont également formés aux techniques de vérification de l’information avant publication ainsi qu’aux mécanismes de gestion des rumeurs et des messages trompeurs.

Un contexte humanitaire qui exige plus de vigilance
Dans une province du Sud-Kivu régulièrement confrontée aux crises humanitaires, les médias demeurent des acteurs incontournables dans la diffusion de l’information et l’accompagnement des réponses communautaires. Leur travail contribue à éclairer l’opinion publique et à assurer le suivi des actions menées sur le terrain. Toutefois, cette mission s’exerce dans un environnement souvent marqué par la pression, la rapidité de circulation des informations et les tensions sociales.
Dans ce contexte, certaines pratiques médiatiques peuvent accentuer la vulnérabilité des victimes. La révélation d’identités sensibles, la diffusion d’images non vérifiées ou encore des témoignages recueillis sans précautions suffisantes peuvent provoquer stigmatisation et revictimisation. À cela s’ajoute la prolifération des rumeurs et des contenus manipulés, qui compliquent davantage la gestion des crises humanitaires.
Pour les organisateurs, cette formation répond à la nécessité de renforcer les compétences des journalistes couvrant les questions humanitaires afin de réduire les erreurs et d’encourager une pratique professionnelle plus responsable.
« Une couverture responsable des questions humanitaires au Sud-Kivu peut contribuer à améliorer la situation humanitaire et promouvoir le développement, dans un contexte où les crises affectent fortement les populations, l’économie ainsi que l’ensemble des couches de la communauté », indique Philémon Mutula, Chargé de production médiatique au sein de RATECO.
Parmi les participants, Lycie Nshobole, Journaliste à la radio communautaire Bukavu FM, salue cette initiative et promet de mettre en pratique les connaissances acquises, non seulement pour promouvoir un journalisme responsable, mais aussi pour contribuer au bien-être de la communauté.
Par cette initiative, RATECO et REMEL entendent promouvoir un journalisme plus vigilant, éthique et engagé dans la protection des communautés affectées par les crises humanitaires au Sud-Kivu.
Maguy Bapolisi
