Journée mondiale des lacs: le lac Kivu étouffé par les déchets, Rachel Nabintu appelle à une action urgente

A l’occasion de la Journée mondiale des lacs, célébrée le 27 août, les défenseurs de l’environnement appellent à une mobilisation accrue pour protéger les écosystèmes lacustres. Au Sud-Kivu, l’activiste environnementale Rachel Nabintu alerte sur la dégradation progressive du lac Kivu, confronté notamment à la pollution, aux déchets ménagers et aux constructions anarchiques sur ses rives.

Le lac Kivu constitue une ressource naturelle essentielle pour des milliers de personnes vivant dans la ville de Bukavu et ses environs. Pourtant, cet écosystème subit une pression croissante liée aux activités humaines, avec des conséquences sur la biodiversité et potentiellement sur les populations qui dépendent de ses eaux.

Rachel Nabintu, jeune activiste environnementale et diplômée en sciences de la biodiversité et conservation, estime que les déchets ménagers déversés dans le lac figurent parmi les principales menaces qui pèsent aujourd’hui sur cet écosystème.

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« Nous observons des dégradations au lac Kivu à travers les déchets ménagers qui impactent l’écosystème du lac. Les riverains voient flotter des déchets qui contribuent à la diminution des poissons, car ces derniers manquent d’espaces favorables pour pondre leurs œufs », explique-t-elle.

Outre les déchets ménagers, Rachel Nabintu dénonce l’occupation désordonnée des rives du lac Kivu. Selon elle, les constructions anarchiques contribuent à fragiliser davantage cet environnement déjà soumis à de fortes pressions humaines.

Elle pointe également certaines pratiques consistant à utiliser le lac comme lieu de rejet des déchets et, dans certains cas, comme destination des eaux usées domestiques. Des comportements qui, selon l’activiste, accélèrent la pollution du lac et menacent son équilibre écologique.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que le lac constitue une source alternative d’eau pour certains habitants de Bukavu confrontés aux difficultés d’approvisionnement en eau potable.

Face aux pénuries d’eau dans plusieurs quartiers de Bukavu, des habitants vivant à proximité du lac se tournent vers ses eaux pour répondre à certains besoins quotidiens. Rachel Nabintu met toutefois en garde contre les risques liés à l’utilisation d’une eau exposée à diverses sources de pollution.

« Nous avons une insuffisance d’eau dans notre ville de Bukavu et une grande partie de la population riveraine utilise le lac comme source de secours. Pourtant, cette eau est très sale et peut exposer les populations à des maladies à cause des mauvaises odeurs et de la pollution », alerte-t-elle.

Pour l’activiste, la protection du lac Kivu ne relève donc pas uniquement d’un enjeu environnemental. Elle touche également aux questions de santé publique, d’accès à l’eau et de préservation des ressources naturelles dont dépendent les communautés riveraines.

Face à la dégradation du lac, Rachel Nabintu appelle les autorités compétentes à renforcer les mesures de protection de cet écosystème. Elle préconise notamment une réglementation plus stricte des constructions sur les rives, ainsi que la mise en place d’une politique efficace de collecte, de traitement et de gestion des déchets.

Elle insiste également sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des communautés riveraines afin de limiter le rejet des déchets et des eaux usées dans le lac.

A l’occasion de la Journée mondiale des lacs, son message se veut ainsi un appel à une responsabilité collective. Autorités publiques, organisations environnementales et citoyens sont invités à contribuer à la préservation du lac Kivu.

Au-delà de sa valeur écologique, le lac représente une ressource vitale et un patrimoine naturel majeur pour les populations du Sud-Kivu. Sa protection constitue un enjeu pour les communautés qui en dépendent aujourd’hui, mais également pour les générations futures.

Jean iragi

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