Bukavu : les déchets étouffent les caniveaux et font craindre des dégâts avec le retour des pluies

L’arrivée des premières pluies remet en lumière l’épineuse question de l’insalubrité urbaine à Bukavu. Dans plusieurs quartiers, des caniveaux et autres ouvrages d’évacuation des eaux sont encombrés de déchets ménagers et de sachets plastiques. Une situation qui inquiète les habitants, qui redoutent des inondations, la dégradation des routes, des dégâts sur les habitations ainsi que des risques sanitaires.

Les premières pluies enregistrées dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 août 2026 ont ravivé les inquiétudes liées à la gestion des déchets dans la ville de Bukavu, au Sud-Kivu.

Dans plusieurs quartiers de 3 communes de Bukavu, les collecteurs, les caniveaux et autres ouvrages destinés à l’évacuation des eaux de pluie sont progressivement transformés en dépotoirs. Déchets ménagers, sachets plastiques et autres immondices s’y accumulent, réduisant ou bloquant par endroits l’écoulement normal des eaux notamment au niveau de la rivière Kamagema (Panzi), les collecteurs Kawa (Kadutu)et Luziba (Ibanda), etc.

Avec le retour des pluies, des habitants craignent que cette situation n’entraîne des conséquences sur les routes et les habitations situées à proximité des caniveaux et des cours d’eau.

Sur l’avenue ISGEA en commune d’Ibanda, Prince Bahati, jeune commerçant, affirme qu’une partie des déchets provient des ménages installés le long du collecteur, mais également de certains commerçants qui exercent leurs activités dans les environs.

« Beaucoup de déchets proviennent des ménages qui vivent sur les rives du collecteur Luziba-Paysage. D’autres sont jetés par des commerçants qui travaillent ici. Nous ne faisons pas le salongo chaque jour, mais une grande mobilisation est organisée le samedi. Si nous arrivons à organiser régulièrement ces travaux communautaires et à trouver une solution pour l’évacuation des déchets, la situation pourrait s’améliorer. L’accumulation des déchets pose déjà un problème pour l’écoulement des eaux, notamment au niveau du pont reliant les deux côtés de la route », explique-t-il.

Pour ce jeune commerçant, les travaux communautaires ne suffisent cependant pas si aucune solution n’est prévue pour transporter les déchets collectés vers des sites appropriés.

Il appelle ainsi les autorités compétentes à mettre à la disposition des habitants et des jeunes engagés dans le salongo des moyens d’évacuation. Selon lui, l’une des principales difficultés reste de savoir où acheminer les déchets après leur collecte.

Au-delà des conséquences possibles sur les infrastructures, l’accumulation des immondices inquiète également en raison des risques qu’elle peut représenter pour la santé publique.

Marie Jeanne, pharmacienne exerçant dans le milieu, affirme constater notamment la multiplication des mouches autour des déchets abandonnés.

« Ces déchets stockés ici deviennent un problème pour la population riveraine. Les mouches commencent déjà à se multiplier, ce qui représente un danger pour la santé de la population, particulièrement celle des enfants », alerte-t-elle.

Elle appelle les autorités locales à intervenir rapidement et à mettre en place des mécanismes durables de collecte et d’évacuation des déchets dans la ville.

Selon elle, une meilleure gestion de l’assainissement contribuerait à limiter l’exposition de la population à certaines maladies favorisées par de mauvaises conditions d’hygiène, notamment les maladies diarrhéiques.

Marie Jeanne encourage également les jeunes et l’ensemble des habitants à renforcer leur participation aux initiatives communautaires d’assainissement et de protection de l’environnement.

Alors que la saison des pluies s’installe progressivement à Bukavu, la question de l’entretien des collecteurs, des caniveaux et de l’évacuation régulière des déchets apparaît ainsi comme un enjeu majeur pour limiter les risques d’inondation et protéger les infrastructures ainsi que les habitations.

Jean iragi

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