Lorsque la saison sèche s’installe à Bukavu, la poussière devient un élément du quotidien dans plusieurs marchés et lieux de commerce. Portée par le vent ou soulevée par les véhicules, elle se pose sur les marchandises exposées, notamment les aliments vendus sans protection suffisante. Derrière cette scène ordinaire se cache pourtant un risque pour la santé des consommateurs.
Les aliments vendus sans protection suffisante peuvent être contaminés par des particules transportées par le vent, les gaz d’échappement des véhicules ou encore par des microbes présents dans l’environnement. Leur consommation peut favoriser l’apparition de plusieurs maladies, notamment la diarrhée, la fièvre typhoïde, le choléra ou certaines intoxications alimentaires.
Claude Bahala, Médecin et chargé des programmes au sein de Licoski asbl, fait savoir que l’exposition prolongée des aliments aux conditions extérieures augmente les possibilités de contamination, particulièrement lorsque les règles d’hygiène ne sont pas respectées.
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« Un aliment qui reste longtemps exposé à la poussière ou manipulé dans de mauvaises conditions peut devenir une source de problèmes de santé », explique-t-il. Il insiste sur l’importance de protéger les produits pendant toute la durée de la vente et de veiller à une bonne hygiène des mains, des ustensiles et des espaces de travail.
Des habitudes simples pour limiter les risques
Sur certains marchés, les vendeurs tentent déjà de protéger leurs marchandises en utilisant des couvertures, des sachets ou des récipients fermés. Mais dans les zones proches des routes très fréquentées, la poussière reste difficile à éviter, surtout pendant les périodes où les vents sont plus forts.
Pour les professionnels de santé, la prévention repose sur des gestes simples mais essentiels notamment, couvrir les aliments, éviter de les placer directement au sol, maintenir les lieux de vente propres et utiliser de l’eau potable pour le lavage des produits et du matériel.
« Les consommateurs ont également un rôle à jouer. Avant de manger des aliments achetés sur le marché, il est recommandé de bien les laver lorsque cela est possible, de privilégier les vendeurs qui respectent les règles d’hygiène et d’éviter les produits dont les conditions de conservation semblent douteuses », ajoute Claude.
Un défi pour la sécurité alimentaire
Au-delà de la responsabilité individuelle des vendeurs et des acheteurs, la question de la protection des aliments vendus dans les espaces publics constitue un véritable enjeu de santé publique. Dans ville de Bukavu, où la vente ambulante et les petits commerces alimentaires occupent une place importante, améliorer les conditions de conservation reste essentiel pour réduire les maladies liées à l’alimentation.
Pendant la saison sèche, la poussière n’est donc pas seulement une nuisance quotidienne. Elle rappelle l’importance d’une vigilance collective pour garantir que les aliments consommés restent sûrs, de leur lieu de vente jusqu’à l’assiette.
Maguy Bapolisi
