Kinshasa : Mkaaji Mpya asbl cherche à protéger les voix qui alertent sur les enjeux environnementaux

Face aux menaces qui pèsent sur les journalistes enquêtant sur les questions environnementales, MKAAJI MPYA asbl réunit, du 21 au 22 juillet à Kinshasa, 20 journalistes environnementaux, des juristes, des représentants de la société civile, des acteurs Etatiques et para Etatiques. A travers ces tables rondes, les participants cherchent à renforcer la protection juridique des professionnels des médias et à bâtir une réponse collective face aux défis auxquels ils sont confrontés.

En République démocratique du Congo, enquêter sur l’exploitation minière illégale, la déforestation, les conflits fonciers ou les atteintes aux droits des communautés locales demande bien plus que des compétences journalistiques. Ces enquêtes conduisent souvent les reporters à se heurter à des intérêts économiques ou politiques puissants, les exposant à des intimidations, des menaces et parfois à des poursuites judiciaires.

C’est dans ce contexte que MKAAJI MPYA asbl organise ces assises, avec l’ambition de rapprocher ces acteurs autour d’une même table. L’organisation mise désormais sur ce dialogue afin de construire des mécanismes de protection mieux adaptés aux réalités du terrain.

Pour les organisateurs, la protection des journalistes est une responsabilité collective. Juristes, défenseurs des droits humains et professionnels des médias unissent leurs efforts pour prévenir les abus. L’objectif est de mieux accompagner les journalistes menacés dans l’exercice de leur métier.

Les échanges portent sur quatre dossiers sensibles notamment, l’exploitation minière illégale, la pollution environnementale, la déforestation, les conflits fonciers et les droits des communautés locales. Les participants analysent les défis, le cadre juridique et les moyens de mieux protéger les journalistes couvrant ces enjeux

Un soutien juridique renforcé

Selon Mkaaji Mpya, la rencontre laisse une large place aux expériences vécues. Dans un espace sécurisé, plusieurs journalistes racontent les pressions, les intimidations ou les agressions auxquelles ils ont été confrontés au cours de leurs enquêtes. Leurs témoignages donnent un visage humain aux discussions et permettent aux juristes de mieux cerner les difficultés auxquelles les professionnels des médias sont confrontés sur le terrain.

La deuxième journée est consacrée aux actions à mettre en place. Les participants vont élaborer des recommandations, proposer des points focaux juridiques et identifier des mesures pour renforcer la sécurité des journalistes, avec une attention particulière aux défis rencontrés par les femmes journalistes.

Les recommandations issues de ces échanges devraient contribuer à la mise en place d’un réseau de soutien juridique plus structuré au sein du MKAAJI Biodiversity Journalists Network (MBJN). Elles serviront également de base à un guide pratique destiné aux rédactions et encourageront le recours à la plateforme ConnectJournalists.org pour le signalement des menaces et la coordination avec des avocats référents.

Au terme de ces assises, les participants espèrent poser les bases d’une coopération durable entre journalistes, juristes et société civile afin de mieux protéger les professionnels des médias et de garantir aux citoyens une information libre, indépendante et fiable sur les enjeux environnementaux en République démocratique du Congo.

Il sied de signaler que l’organisation prévoit d’organiser deux tables rondes dans les prochains jours en faveur des journalistes environnementaux membres de MBJN basés à Bukavu.

Maguy Bapolisi

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