Au moment où la République Démocratique du Congo célèbre ses 66 ans d’indépendance, une autre réalité inquiète des acteurs de la société civile. Celle de la dépendance alimentaire du pays. Pour la Ligue des Consommateurs des Services au Congo-Kinshasa (LICOSKI), la souveraineté alimentaire reste encore loin d’être une réalité.
Réunis ce 30 juin 2026, lors d’une réflexion organisée autour de cette date symbolique, les membres de cette organisation estiment que le pays continue de dépendre fortement des importations pour nourrir sa population.
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Une alimentation encore trop dépendante de l’extérieur
Dans les marchés comme dans les foyers, une grande partie des produits consommés en RDC vient de l’extérieur. Une situation qui, selon la LICOSKI, n’est pas sans conséquences.
L’organisation met en garde contre la qualité de certains aliments importés et leurs effets sur la santé des consommateurs, notamment l’augmentation de l’obésité chez les enfants, du diabète et des maladies cardiovasculaires.
« Notre système alimentaire est dépendant et nous expose. Il faut des politiques et des agendas clairs pour changer cela », explique Janvier Makombe, Président de la Licoski.
Pour lui, le problème ne se limite pas aux importations. Il touche aussi les difficultés internes : manque de financement des agriculteurs, routes en mauvais état, et absence d’une vraie stratégie pour relancer la production locale.
Revenir à la terre et changer les habitudes
Face à cette situation, la LICOSKI appelle à une prise de conscience collective. Pour l’organisation, l’État doit investir davantage dans l’agriculture et mettre en place des politiques claires pour encourager une production locale forte et durable.
Mais elle estime aussi que le changement doit venir de tous. Les écoles, les universités et même les structures religieuses sont invitées à sensibiliser sur la qualité des aliments consommés autour d’elles.
Du côté des producteurs, Janvier Makombe encourage les agripreneurs à s’unir pour produire davantage et offrir des alternatives locales accessibles.
Enfin, il appelle les consommateurs à revoir progressivement leurs habitudes alimentaires, en privilégiant les produits locaux et naturels.
Pour la LICOSKI, la véritable indépendance ne sera complète que lorsque la RDC pourra aussi nourrir sa population sans dépendre massivement de l’extérieur.
Maguy Bapolisi
