Sarah Ndebo : le visage d’une révolution écologique au féminin

Au cœur d’une région confrontée à de multiples défis environnementaux , une voix féminine s’élève avec constance et détermination. Celle de Sarah Ndebo, Coordinatrice de Women and Youth for Climate (WYC), une organisation basée à Bukavu au Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo, engagée dans la protection de l’environnement en impliquant davantage les femmes. Sarah incarne une génération de jeunes femmes leaders qui refusent de rester spectateurs face à la dégradation de leur environnement.

Communicatrice de formation, Sarah Ndebo est également journaliste de carrière. Pendant plusieurs années, elle a travaillé dans plusieurs radios de la ville de Bukavu, notamment La Prunelle RDC, la RTNK Bukavu et Radio Star Bukavu. Elle a aussi été correspondante de Radio Mediterrania de Espagne. Une carrière qui lui a permis de militer pour la protection de l’environnement à travers les ondes de différentes chaînes de radio.

Son engagement ne date pas d’aujourd’hui. Il prend racine dès l’adolescence. A seulement 16 ans, Sarah s’investit dans des actions communautaires à travers les activités de Salongo, aux côtés du mouvement citoyen LUCHA. Ces premières expériences de terrain lui permettent de comprendre les réalités sociales et environnementales qui affectent sa communauté. Elle poursuit ensuite cet engagement avec Pona Congo, consolidant ainsi une conscience militante tournée vers le changement.

Un engagement pour l’implication des femmes dans l’environnement

Très vite, une évidence s’impose à elle. Dans les initiatives environnementales, les femmes sont largement sous-représentées, alors même qu’elles subissent de plein fouet les conséquences de la dégradation écologique. Insécurité alimentaire, accès difficile aux ressources naturelles, précarité accrue. Les impacts sont multiples, mais leur voix reste marginalisée.

C’est dans ce contexte que naît Women and Youth for Climate, une organisation pensée comme un espace d’action, mais aussi de rééquilibrage. L’objectif est de redonner aux femmes et aux jeunes une place centrale dans la lutte pour la protection de l’environnement.

« J’ai mis en place cette organisation pour impliquer les femmes dans la protection de l’environnement. En tant que victimes des conséquences liées à la destruction de l’environnement, elles sont également des actrices de changement », explique-t-elle.

D’ajouter

« Nous intervenons dans l’éducation environnementale, mais aussi dans le ramassage des bouteilles plastiques, avec un accent particulier sur l’assainissement du lac Kivu».

Voir aussi : https://www.facebook.com/share/p/176EFZGGjt/?mibextid=wwXIfr

Sous sa coordination, l’organisation ne se limite pas aux discours, elle agit. L’une de ses initiatives phares reste la campagne « Zéro plastique sur le lac Kivu », qui a suscité une mobilisation remarquable. Plus de 50 organisations y ont adhéré, preuve que les actions locales peuvent déclencher des dynamiques collectives puissantes. Cette campagne marque un tournant dans la prise de conscience autour de la pollution plastique dans la région.

Des actions concrètes et un plaidoyer du local à l’international

Pour Sarah, le changement durable passe avant tout par l’éducation. C’est ainsi qu’elle lance le programme « Tumaini », orienté vers les écoles.

« L’idée est de former les générations futures à une conscience environnementale que beaucoup n’ont pas eue. À ce jour, plus de 800 élèves ont été accompagnés, devenant à leur tour des relais de sensibilisation dans leurs milieux respectifs », a-t-elle fait savoir.

voir aussi : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid0Gw1JJvMJLgjw5xJRkm29QUz3kirph9mMshNuBSJ31MRXXrVkDL4LVy9YRBpLYMDCl&id=61576577532096&mibextid=wwXIfr

Son engagement et ses résultats lui valent d’intégrer le comité de pilotage du programme « Bukavu Ville Verte », soutenu par la Coopération Suisse. Une reconnaissance qui témoigne de la crédibilité de son travail et de son impact sur le terrain. A travers ce cadre, elle contribue à des initiatives structurantes, notamment le reboisement dans les écoles des trois communes de la ville de Bukavu et la promotion de pratiques responsables dans la gestion des déchets, en particulier plastiques.

Voir aussi : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid02abwZ2VzupJGg7jkR1JKRdRHU2J1ZppZbi8v9PDZr4FZo3WCDqwTewZVitTpQtBvql&id=100087763325923&mibextid=wwXIfr

Au-delà du niveau local, Sarah Ndebo s’inscrit désormais dans une dynamique internationale. Elle participe activement à la francophonie « Zéro plastique », un espace de plaidoyer global pour la réduction de l’utilisation des plastiques. Elle y porte la voix de sa communauté, tout en contribuant à des réflexions et négociations à l’échelle mondiale. Parallèlement, elle mène des actions de plaidoyer au niveau régional pour limiter l’importation et l’usage des plastiques en République démocratique du Congo, notamment dans sa partie orientale.

Cependant, ce parcours n’est pas sans obstacles. Le manque de financement, l’insuffisance de soutien et la résistance sociale restent des défis majeurs. L’un des plus préoccupants demeure la perception des questions environnementales, souvent considérées comme éloignées des priorités des femmes. Pour Sarah, ce défi est à la fois culturel et structurel, et nécessite des approches adaptées, inclusives et pédagogiques.

Malgré ces contraintes, elle poursuit son combat avec une conviction intacte. celui que la protection de l’environnement ne peut être efficace sans l’implication active des femmes et des jeunes.

A travers son parcours, Sarah Ndebo ne se contente pas de défendre l’environnement. Elle redéfinit les contours de l’engagement citoyen en y intégrant des dimensions essentielles de justice, d’inclusion et de durabilité.

Maguy Bapolisi

About The Author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *