IDJWI : la taxation élevée étouffe les producteurs d’ananas

A Idjwi, dans la province du Sud-Kivu, les producteurs d’ananas tirent la sonnette d’alarme face à la taxation élevée imposée sur le transport et la commercialisation de leurs récoltes depuis la prise de certaines zones des provinces du Nord et du Sud-Kivu par le mouvement AFC/M23 en janvier 2025. Cette pression financière complique davantage l’écoulement de ce fruit pourtant central dans l’économie locale.

Selon plusieurs cultivateurs, les coûts liés au transport ont considérablement augmenté ces derniers mois. Alors qu’auparavant l’acheminement d’un sac d’ananas vers les marchés voisins de Goma ou Bukavu coûtait environ 200 francs congolais, les producteurs affirment aujourd’hui dépenser jusqu’à 1 000 francs, voire davantage selon les trajets et les contrôles rencontrés.

« Actuellement la taxation est élevée. Cela ne nous permet pas d’évacuer tous les ananas que nous produisons vers Goma et Bukavu. Pour nous, cela constitue un manque à gagner », déplore un cultivateur de Bwiru, dans le groupement Mugote, chefferie Ntambuka.

D’ajouter,

« Nous sommes en train de vendre un ananas même à 100 FC ici localement. C’est une perte que nous ne pouvons jamais compenser. Nous sommes au point d’abandonner la culture, car c’est vraiment douloureux », confie-t-il.

D’après plusieurs sources locales, l’absence de moyens de conservation combinée à ces coûts de transport excessifs entraîne également d’importantes pertes. Une grande partie de la production se détériore dans les champs ou arrive trop tard sur les marchés.

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Les fruits mûrissent souvent sans trouver preneur ou sont vendus à des prix dérisoires. Pour de nombreuses familles, cette situation menace directement les moyens de subsistance, la scolarisation des enfants ainsi que l’économie locale de l’île.

Malgré l’existence de coopératives agricoles destinées à organiser la production, celles-ci peinent à faire face à l’ampleur des difficultés. Les producteurs appellent ainsi les autorités et leurs partenaires à soutenir le secteur en améliorant les infrastructures de transport, en allégeant les taxes et en mettant en place des solutions durables pour la commercialisation.

Parmi les pistes évoquées figure notamment la création d’une unité locale de transformation d’ananas. Une telle initiative permettrait de produire du jus ou d’autres dérivés, de réduire les pertes post-récolte et de créer de nouvelles opportunités économiques pour la population d’Idjwi.

Maguy Bapolisi

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