Le journaliste Honneur-David Safari, rédacteur en chef de La Prunelle RDC et figure clé du programme environnemental Kivu Climate Action, a disparu ce dimanche 28 décembre vers 18h30. Son dernier message à son épouse, envoyé alors qu’il circulait à moto, signalait une impression d’être suivi par des inconnus. Malgré les recherches intensives de sa famille et de ses collègues, aucun signe de vie depuis.
La Prunelle RDC asbl a lancé un appel urgent aux autorités pour une intervention immédiate, soulignant que « le journalisme n’est pas un crime ». Ce drame frappe un homme engagé sur tous les fronts : information rigoureuse et militantisme écologique dans une région minée par la déforestation et les conflits.
Un leader environnemental au cœur de Kivu Climate Action
Safari incarnait l’urgence climatique au Sud-Kivu. À la tête de Kivu Climate Action, un programme lancé en 2025 par La Prunelle RDC asbl, Collectif 2250, Max Impact et d’autres partenaires comme ATD Quart Monde, YEC ou Expertise ÉcoSanté, il mobilisait jeunes, femmes et communautés pygmées contre l’érosion, la pollution plastique et l’insécurité alimentaire. Ses actions concrètes transformaient les discours en réalité.
A Birava, dans le territoire de Kabare, il a dirigé le 18 octobre 2025 un reboisement massif sur les collines de Kishoke 1, sous l’égide du chef de village. Objectif : planter 3 000 arbres fruitiers (avocatiers, manguiers, mandariniers, orangers) d’ici janvier 2026.
« En plantant ces arbres, nous nourrissons la terre et les hommes », déclarait-il, liant protection des sols, nutrition et revenus pour les familles locales.
A Bideka, territoire de Walungu, Honneur-David Safari a posé les premières racines du programme le 8 août 2025. Accompagné de leaders religieux de la 5ᵉ CELPA et de jeunes de villages voisins (Buhesi, Lurhala, Kahembarhi…), il a lancé une journée d’actions dont, Sensibilisation aux enjeux climatiques, Curage des rivières contre l’envasement, ainsi que plantation symbolique d’un avocatier et d’une espèce antiérosive.
Ces initiatives s’inscrivent dans une vision plus large : étendre Kivu Climate Action (phase 2025-2027) à Walungu, Kalehe, Fizi, Baraka, Itombwe et Bukavu. Safari plaidait pour des emplois verts, valorisant ressources locales et plaçant les vulnérables au centre du changement.
De l’écologie à la disparition : un silence qui interpelle
Aujourd’hui, le programme (Kivu Climate Action) qu’il portait risque de s’essouffler sans lui. La campagne fraîchement lancée, « L’arbre n’est pas un ennemi, les plastiques nous étouffent », avec SODECOP et Collectif 2250, visait à sensibiliser la jeunesse contre la pollution des lacs Kivu et Tanganyika. Safari en était le moteur.
Dans un Sud-Kivu exposé aux risques climatiques et aux tensions sécuritaires, sa disparition soulève des questions : lien avec ses enquêtes journalistiques ou ses combats écologiques ? Les autorités doivent agir vite.
Rédaction
