Des affrontements violents entre le M23 et les Wazalendo, alliés à l’armée congolaise, paralysent la route nationale 3 dans le parc national de Kahuzi. À Bitale, une centaine de familles ont fui vers Bunyakiri, forçant MSF à évacuer une partie de ses équipes pour assurer leur sécurité. La fermeture de cette artère vitale menace désormais l’approvisionnement en médicaments essentiels. Affrontements intenses et exodes massifs. La semaine dernière, des combats d’une rare intensité ont éclaté sur la RN3, reliant Bukavu à Bunyakiri.
Dans la localité de Bitale, à la sortie du parc national de Kahuzi-Biega, la panique a gagné les civils : une centaine de familles ont fui vers Bunyakiri, à seulement 36 km de la ligne de front. MSF, déjà sur le terrain depuis septembre face à l’afflux de milliers de déplacés, a pris la décision radicale d’évacuer une partie de ses équipes. « La sécurité prime », explique un porte-parole de l’ONG, alors que les violences s’intensifient dans cette zone stratégique du Sud-Kivu.
La fermeture de la RN3 complique gravement les opérations humanitaires. MSF ne peut plus acheminer ses fournitures médicales vers Bunyakiri, où les conditions sont dramatiques : surpeuplement, pénurie alimentaire, et risques accrus de maladies et d’épidémies.
Issa Moussa, chef de programme MSF au Sud-Kivu, tire la sonnette d’alarme :
« Nous risquons une rupture d’approvisionnement en médicaments, surtout ceux liés aux activités du bloc opératoire ».
L’ONG négocie actuellement avec les groupes armés pour rouvrir une voie alternative, mais l’incertitude plane.
Malgré ces obstacles, Médecins Sans Frontières intensifie ses efforts pour soutenir les déplacés. Depuis septembre, l’équipe a réalisé , 13 300 consultations médicales,1 861 accouchements, dont 208 274 interventions chirurgicales, 578 enfants malnutris pris en charge, 98 victimes de violences sexuelles soignées
Giulia Panseri, coordinatrice terrain MSF, insiste :
« MSF ne pourra pas répondre à tous les besoins. Nous appelons les acteurs humanitaires à nous rejoindre pour couvrir les besoins restants ».
Alors que la guerre fait rage au Sud-Kivu, Bunyakiri incarne le calvaire des civils pris en étau. MSF plaide pour un accès humanitaire sécurisé et une mobilisation accrue. Sans renforts, la catastrophe sanitaire guette.
La rédaction
