En juin 2026, la lutte contre la souche Bundibugyo d’Ebola ne se déroule pas uniquement dans les centres de santé. Elle se joue aussi sur les réseaux sociaux, où les rumeurs, les faux traitements et les théories complotistes se propagent à grande vitesse, semant le doute au sein des communautés.
Face à cette double menace, l’Observatoire du Numérique et de l’Actualité (ONAC), en collaboration avec le Collectif 24, a décidé de mener un autre combat. Celui de la vérité. Ensemble, les deux organisations ont mis en place un dispositif de veille et de riposte contre l’infodémie afin de protéger les communautés contre les fausses informations et de restaurer la confiance envers les acteurs de la santé.
Leur stratégie repose sur plusieurs actions complémentaires notamment, détecter rapidement les rumeurs, diffuser des informations fiables et accessibles, former des relais communautaires au fact-checking et à la communication des risques, tout en défendant le droit des citoyens à une information crédible.
Entre le 1er et le 30 juin 2026, les équipes de l’ONAC et du Collectif 24 ont identifié 142 rumeurs et apporté une réponse à 98 d’entre elles, soit un taux de riposte de 69 %. L’Ituri concentrait la majorité des fausses informations, souvent liées à de prétendus complots dans les structures de santé. Au Nord-Kivu, les rumeurs évoquaient des armes biologiques, tandis qu’au Sud-Kivu circulaient de faux remèdes miracles. A Kinshasa, plusieurs intox alimentaient des discours à caractère politique et financier.
Pour enrayer cette vague de désinformation, les deux organisations ont misé sur le renforcement de l’esprit critique des communautés, la vérification systématique des informations, la production de contenus pédagogiques adaptés aux différents publics et une communication transparente sur les financements et les décisions liées à la riposte.
Malgré ces efforts, les défis restent nombreux. Les structures locales de vérification des faits manquent encore de financements durables. A cela s’ajoutent la méfiance de certaines communautés envers les institutions et les violences dont sont victimes les professionnels de santé, souvent alimentées par les fausses informations.
Pour l’ONAC et le Collectif 24, la lutte contre Ebola ne se limite pas aux centres de traitement. Elle se joue aussi dans les villages, les radios communautaires, les écoles, les réseaux sociaux et les familles. Car une information fiable peut sauver autant de vies qu’un traitement.
« Investir dans les vaccins de demain est indispensable, mais renforcer dès aujourd’hui la confiance et la transparence est tout aussi essentiel », souligne ces plateformes.
Pour elles, lutter contre l’infodémie, c’est aussi protéger la dignité des populations, renforcer la solidarité et préserver des vies.
Anne-Marie Kwinja
