Dans le cadre de « la Gouvernance Alimentaire Durable », la Ligue des Consommateurs au Congo-Kinshasa (LICOSKI asbl) a organisé un atelier consacré à l’élaboration d’un cahier des charges des consommateurs des produits alimentaires ainsi que du plan de sa mise en œuvre. Ces travaux ont eu lieu dans la salle de réunion du CCC Les Bons Samaritains, ce 28 mai 2026 à Bukavu.
L’objectif poursuivi est de promouvoir un débat scientifique, professionnel et social sur les systèmes alimentaires plus sains, résilients, inclusifs, transparents et durables dans les milieux urbains et scolaires en RDC.
Cette initiative intervient dans un contexte où les préoccupations liées à l’écosystème alimentaire, à la qualité des aliments offerts sur le marché ainsi qu’à la promotion des produits alimentaires locaux deviennent de plus en plus pressantes.
Le cahier des charges, un levier pour contribuer au renforcement de la gouvernance alimentaire durable.
Pour Janvier MAKOMBE, Président de la LICOSKI asbl, une gouvernance alimentaire durable devra reposer son dynamisme sur des mécanismes concrets capables d’impacter positivement les modes de production, d’approvisionnement et de consommation. C’est dans cette perspective que le cahier des charges des consommateurs des produits alimentaires pourrait être présenté comme un outil stratégique parmi tant d’autres pouvant permettre à toutes les parties prenantes de visualiser les vrais besoins, les vraies attentes et les préoccupations majeures des consommateurs tout au long de la chaine alimentaire.
Ce document est une invitation si pas une recommandation militant pour l’encadrement de la production, de la conservation, de la distribution et de la consommation des denrées alimentaires s’alignant sur les normes environnementales et les valeurs sociales, économiques et culturelles. Le contenu du cahier des charges doit en principe aboutir à la formulation des recommandations pertinentes adressées aux pouvoirs publics, aux fournisseurs (agripreneurs / opérateurs économiques) et aux consommateurs afin de renforcer la responsabilité collective face aux défis alimentaires à relever.

A travers ce processus, la LICOSKI entend sensibiliser les acteurs clés sur le rôle qu’ils sont appelés à jouer activement pour promouvoir la consommation des produits alimentaires sains, nutritifs, durables et de préférence locaux, en positionnant bien évidemment les consommateurs comme parmi des acteurs clés de la gouvernance alimentaire durable.
« Il s’agit notamment de contribuer à une offre alimentaire durable, de définir les critères applicables aux aliments et aux fournisseurs, de renforcer la transparence et la traçabilité des produits et d’améliorer leur qualité nutritionnelle et leur impact environnemental », fait savoir Janvier MAKOMBE.
Une dynamique collective en faveur du consommer local
Au-delà de la protection des consommateurs, cette initiative ambitionne également de soutenir les producteurs locaux à travers une rémunération plus équitable favorisée par une implication accrue des consommateurs. La campagne « Produisons et Consommons Local » s’inscrit ainsi comme un important outil de sensibilisation et de mobilisation citoyenne pour la promotion des systèmes alimentaires résilients, inclusifs et durables.
Le plan de mise en œuvre devra définir les actions prioritaires, préciser les responsabilités des parties prenantes et établir un calendrier clair pour la réalisation de la noble mission relative à la promotion de la gouvernance des systèmes alimentaires durables.
« Plusieurs résultats sont attendus au terme du processus, notamment la disponibilité d’une mouture du cahier des charges des consommateurs des produits alimentaires, la définition des critères applicables aux aliments et aux fournisseurs ainsi que l’installation d’une dynamique durable en faveur d’une alimentation durable et accessible », ajoute notre source.
Cette réflexion a mis autour d’une table plusieurs acteurs constitués des journalistes (des médias), des consommateurs, des serviteurs de Dieu (confessions religieuses), des agripreneurs et producteurs locaux de différents Groupements d’Intérêt Economique, des scientifiques ainsi que des agents de développement (Société Civile). Les échanges ont permis d’approfondir la réflexion et de renforcer la concertation autour des enjeux de gouvernance alimentaire.
A travers cette démarche, la LICOSKI espère contribuer dans la mesure du possible à la construction des bases d’une gouvernance alimentaire davantage centrée sur les besoins, les attentes et les critères des consommateurs qui ont tout intérêt de valoriser la production locale et de changer leurs habitudes alimentaires durables pour un avenir radieux. Nul n’a besoin d’une génération des vulnérables faute d’une alimentation saine pour tous.
Maguy Bapolisi
